Parabole du festin : l’homme quittera sa mère (nourricière)

Un roi célèbre les noces de son fils. Il invite les hommes sans condition. Il les invite comme ils sont.

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"Es-tu prêt à m’ouvrir ton coeur ? A accueillir mon amour comme un enfant ?"

Les invités ne sont pas des enfants mais des adultes... à l’orée de leur vie d’adulte. L’un vient de se marier, les autres entrent dans la vie active.

Des adultes qui s’identifient à leur image sociale au point de décliner l’invitation du roi.

Devenir comme un enfant, ce serait renoncer à mes masques de protection, de perfection... dépendre des autres... être nu sous le regard de Dieu. Catastrophe !
"Les chrétiens peuvent avoir peur de la gratuité de Dieu », analyse François

Les estropiés, eux, sont démunis. Souvent "intouchables" dans nos familles, nos églises...
Difficile d’oser la confiance mais une invitation peut tout changer...

Je suis tout petit... et si c’était ma chance ?

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La voie d’enfance c’est me laisser aimer comme je suis... Plus facile à dire qu’à vivre...

Car dès notre plus jeune âge nous avons été modelés par le regard de notre entourage, parfois tenus
prisonniers de ce regard tantôt séducteur, tantôt accusateur. Avec des répercussions à l’adolescence :
difficultés à accueillir notre corps en mutation, à prendre notre place.

Là où un ravin se creuse (place du "je" de l’enfant, équilibre père-mère), une montagne s’installe :
besoin de contrôler, de posséder, de séduire... Cette image idéalisée de soi "prend racine
dans la relation à la mère", dans le regard de la mère, selon Ernesto Sabato et Jacques Lacan.

Marcel Van : "Vraiment Jésus, quand je me trouve sous les yeux du monde, je ne sais que craindre
et avoir honte, tandis que sous ton regard, je me sens libre, joyeux et je retrouve tout mon naturel".

Une guérison s’avère nécessaire pour retrouver un coeur sans rempart, un coeur ouvert à l’amour.

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"Les erreurs diaboliques seront détruites", a prédit Marthe Robin : l’amour de Dieu se fraiera un chemin dans les méandres de notre psychologie. Il mettra en lumière des aspects cachés de notre personnalité, des blessures enfouies, des attachements mortifères.

Les invités sont peut-être des enfants qui ont du mal à quitter leur mère ; des petits garçons qui veulent séduire leur mère avec leur réussite sociale. La Mère donne son lait maternel mais cet amour est entaché par la crainte de décevoir. Celui qui vient de se marier cherche sans doute à pallier cette insécurité, à prolonger le lien maternel.

Ce sont des enfants qui, mûs par un esprit de crainte, et comme des miroirs de leur mère,
se nourrissent eux-mêmes
- avec leur activité agricole, leur commerce-. Or, dans le Royaume,
il convient de se laisser nourrir, d’accueillir la nourriture de l’Amour. Cela implique de briser notre esprit
- nos sécurités et de compter sur Dieu seul.

Le fils cadet a cru en l’amour de son Père, il se laisse aimer.
Le Père le revêt du vêtement de noces qui est une union intime avec lui.

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Ce fils peut crier "Abba ! Père" de tout son coeur. Il a accueilli l’Esprit Saint qui enfante notre coeur à une vie nouvelle, comme une mère.

Les premiers invités sont "durs de coeur" ; ils se sont bouché les yeux/oreilles Mt 10,13. Orgueil de Pierre le Jeudi Saint refusant que l’amour de Dieu se répande sur son humanité "brute", son indignité ? Ou bien blessure psychologique qui a freiné l’oeuvre de la Grâce en nous ?

Toujours est-il que le roi ne se résout pas à cet échec. Il fait fi des convenances, une fois de plus. Arrive un homme qui n’a pas le vêtement de noces.

D’emblée le roi le fait entrer dans son amitié, sa communion d’amour. Mais l’invité ne saisit pas cette aubaine. Il est honteux d’être le "dernier de la classe"... Il prend la question du roi pour une accusation. Il aurait pu dire : « tu es venu chercher les petits, les faibles, me voici. J’ai confiance en ton amour ».

Son silence représente sûrement la honte, l’inconscient, le lien avec la mère. Par ce silence, il se ferme à l’amour et ce faisant, se condamne lui-même. Il commet le péché contre l’Esprit, "qui n’est pardonné ni dans ce monde, ni dans l’autre Mt 12,31".

"A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera"

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A rebours de cette chute pessimiste, l’annonce de Marie à Fatima semble signifier qu’à la fin du monde, de "l’autre monde", le coeur de tous les hommes resplendira de l’Amour de Dieu, la peur sera vaincue :

« l’amour parfait chasse la crainte » 1 Jn 4,18

"Si l’on disait aux damnés : Pourquoi êtes-vous en enfer ? Ils répondraient : Pour avoir résisté au Saint-Esprit. Si l’on disait aux saints : – Pourquoi êtes-vous au ciel ? Ils répondraient : Pour avoir écouté le Saint-Esprit." Saint Curé d’Ars

"Le diable essaiera de se servir des blessures de la vie, voire de vos propres fautes, pour vous persuader qu’il n’est pas possible que Jésus vous aime réellement."
Mère Teresa

"Estimer que sa misère est plus grande que ma miséricorde, voilà le péché irrémissible, qui n’est pardonné ni en ce monde ni dans l’autre. Aussi, le désespoir de Judas fut-il plus offensant pour moi et plus douloureux pour mon Fils, que sa trahison elle-même." Catherine de Sienne, Dialogue, chap. 38

« Epargne-moi les remords de Judas, rentrant en lui-même pour ne plus en sortir, épouvanté et désespéré devant son péché. Accorde-moi le repentir de Pierre,
rencontrant le silence de ton regard plein de tendresse et de pitié. » Saint Augustin

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