Parabole des talents : "je ne vous appelle plus serviteurs..."

Un homme s’en va pour être fait roi... Disparition en trompe-l’oeil... Car à ses serviteurs il donne
ce qu’il a de plus précieux - sa vie, son amour. "Tout ce qui est à moi est à toi"

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L’un des serviteurs n’accueille pas ce don. Sans doute, il est un homme qui respecte des commandements et qui prie Dieu, mais il n’est pas son ami Jn 15,15. Il a peur ; peur d’accueillir la nouveauté de l’Amour ? Compter sur ses propres forces est sans doute plus sécurisant pour lui.

Les deux premiers serviteurs, au contraire, laissent l’amour du maître agir dans leur coeur. Ils s’abandonnent au talent de l’amour.

"Ta Thérèse ne se trouve pas dans les hauteurs en ce moment, mais Jésus lui apprend à tirer profit de tout, du bien et du mal qu’il trouve en soi. Il lui apprend à jouer à la banque de l’amour, ou plutôt non il joue pour elle sans lui dire comment il s’y prend car cela est son affaire et non pas celle de Thérèse ; ce qui la regarde c’est de s’abandonner,
de se livrer sans rien se réserver, pas même la jouissance de savoir combien la banque lui rapporte. » LT 222

Les deux premiers serviteurs vivent de la Vie de Dieu et portent un fruit qui demeure : la charité.

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Chacun reçoit les talents "selon sa capacité". Ainsi, que nous soyons petit dé ou grand verre d’eau,
nous avons la même valeur aux yeux de Dieu, la même fécondité.

Et une voie identique vers la sainteté : l’abandon à Dieu, au talent de l’amour.

Le "joug de l’amour" nous "laboure" intérieurement comme le feu travaille le bois,
en produisant sécheresse et obscurité.

"A qui l’on a beaucoup donné, on demandera davantage."

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Les deux premiers serviteurs ont dû vivre une nuit d’une rare intensité - désolation spirituelle, sentiment d’impuissance - avant d’accueillir de "toute leur capacité" la vie de Dieu : Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.

Il y a quelque chose à enfouir, à faire mourir : le "moi" mais aussi la vie intérieure, nos dons spirituels (pauvreté en esprit).

Fais-toi capacité, je me ferai torrent.

"Plus il veut donner, plus il fait désirer, jusqu’à faire en nous le vide complet, pour nous remplir de ses biens". St Jean de la Croix + Thérèse de Lisieux

Cette souffrance est féconde pour le monde. Les villes reçues en gestion sont peut-être les âmes enfantées par notre souffrance Lc 19,17. N’oublions pas que le départ du Christ coïncide avec la disparition de l’Eglise et l’avènement de son règne dans les coeurs. Jésus n’est plus avec nous, mais en nous. Mt 28,20

Petits enfants, c’est pour peu de temps que je suis encore avec vous. Jn 13,33

Le troisième serviteur était peut-être le plus avantagé. Le maître connaissait son coeur, savait qu’il n’était qu’un petit dé. La fermeture de son coeur n’est-elle pas le péché contre l’Esprit Saint ? "Que le Bon Dieu est bon !... comme il proportionne les épreuves aux forces qu’Il nous donne". Ms A,20

« Offrons-lui et donnons-lui nos cœurs, comme il nous donne le sien. Offrons-nous avec lui,
qu’il nous consume entièrement dans le feu d’amour de son Coeur ». St Jean Eudes

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