Pâques est la "fête de l’amour de Dieu pour nous"

La grosse pierre qui obstruait le tombeau a été roulée...

Avec la résurrection de Jésus, une porte s’est ouverte dans les cœurs...

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Cet Amour est révélé en plénitude aux « tout-petits ».

Jean a pris le temps de se reposer sur la poitrine de Jésus. Madeleine s’est laissée aimer dans son humanité. Sa confiance, Jésus ne manque pas de la saluer chez le pharisien sûr de sa vertu.

Cet Amour donne la vie. Ceux qui vivent de son amour ne sont pas les religieux bien-pensants du judaïsme mais Matthieu le collecteur d’impôt, le fils qui avait rompu avec son père, la samaritaine, Zachée...

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Les « tout-petits » vivent l’épreuve de la « diminution », de la « porte étroite ». Peu d’amis ont consenti à suivre Jésus sur son chemin de croix. Mais nos infidélités peuvent devenir notre planche de salut... Pierre ne s’est pas dérobé au regard d’amour de Jésus lors de son reniement. Il a part au Royaume, dès maintenant, car il se laisse aimer dans sa fragilité.

Marie-Madeleine se retourne... L’amour de Dieu nous précède... Nous n’avons qu’à ouvrir les mains... Madeleine veut retenir Jésus (eros) mais le temps est à l’amour agapè qui est vide et abandon. Désormais Jésus se manifeste à nous "selon son bon plaisir". Tel est le cheminement de la bien-aimée du Cantique : « Mon bien-aimé est à moi » Ct 2,16. Puis : « Je suis à mon bien-aimé » Ct 7,11.

« Lorsqu’on parvient au véritable amour, l’objet passif de l’amour devient le sujet actif. Oui, si tu es en possession du véritable amour, ton ami viendra te trouver lui-même. » Attar, la Conférence des oiseaux

"Mon Seigneur et mon Dieu !"

A travers Thomas, Jésus appelle les hommes à la confiance en son Amour.
Dans l’évangile de Jean, la foi est confiance en l’Amour :
"Dieu a tant aimé le monde... Quiconque croit en Lui a la vie éternelle". Jn 3,16

Jésus veut devenir le Seigneur de tous les coeurs. Ouvrons-lui nos cœurs...
Présentons-lui nos blessures, nos fragilités... Laissons-nous conduire dans le tombeau vide
de la nuit de la foi, de la désolation... Jésus se manifestera dans la « chambre » de notre cœur.
Il "parlera" à notre cœur en infusant un amour très élevé. Nous aurons la "vision du coeur".

"Notre coeur n’était-il pas tout brûlant ?"

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La fraction du pain représente peut-être le cœur brisé de Jésus sur la croix, qui laisse s’échapper un amour incommensurable. Les deux disciples reçoivent cet Amour : leur cœur est tout brûlant, rempli du feu que Jésus est venu jeter sur la terre. Mais avant de devenir une matière inflammable, leur cœur connaît le vide, une affliction profonde.

Leur coeur brisé par le chagrin devait les préparer à « voir » Dieu. Mais pas question de s’arrêter à cette vision béatifique : comme à la Transfiguration, il faudra descendre dans la vallée et vivre le détachement pour que Jésus se manifeste plus profondément dans notre coeur.

Il est parti loin de nos yeux afin que nous,
nous revenions à notre coeur et l’y trouvions.
Oui, il est reparti, et voilà qu’il est ici.
Il n’a pas voulu être longtemps avec nous,
et il ne nous a pas laissé, car, s’il est reparti,
c’est vers un lieu d’où jamais il n’est parti […].

Saint Augustin