"Sur votre route proclamez que le Royaume est tout proche".

Ce n’est pas l’annonce verbale qui est privilégiée par Jésus, mais plutôt une manière d’entrer en relation avec les autres. Juste après cet appel, Jésus intime à ses disciples de partir les mains vides, sans provisions.

Annoncer que le Royaume est tout proche, ce serait être vulnérable comme un enfant.

Comme Jésus qui a faim, qui a soif, qui est nu, le missionnaire est invité à dépendre des autres.
Ce dénuement permet à nos hôtes d’accueillir leur vulnérabilité, de retrouver leur coeur d’enfant.
Dans cette fragilité commune l’union des coeurs peut advenir.

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Cherchons d’abord le Royaume, l’abandon à Dieu et la fraternité avec nos semblables -
et nos besoins matériels seront comblés par surcroît.

Jésus inaugure le Royaume de l’Amour en ayant soif de notre amour.

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De Thérèse de Lisieux : « [Jésus] n’a pas craint de mendier un peu d’eau à la Samaritaine. Il avait soif… Mais en disant : « Donne-moi à boire », c’était l’amour de sa pauvre créature que le Créateur de l’univers réclamait. Il avait soif d’amour…"

"Il nous tend la main comme un mendiant... C’est lui qui veut notre amour, qui le mendie. Il se met pour ainsi dire à notre merci." (LT 145)

La résurrection n’y change rien : en demandant par trois fois à Pierre "M’aimes-tu ?", Jésus demeure ce mendiant d’amour.

Le Royaume n’est donc pas la toute-puissance des miracles.

"Il a pris sur lui nos infirmités et s’est chargé de nos maladies" Mt 8, 17.

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"Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. Il est manifeste d’après Mt 8,17 que le Christ ne nous aide pas par sa toute puissance, mais par sa faiblesse et sa souffrance !" (D. Bonhoeffer, 16 juillet 1944)

Jésus vit un échange avec les personnes qu’il rencontre : il prend sur lui leur soif d’amour, leur désolation ; et il leur ouvre l’accès à des fleuves d’eau vive. Miracles et conversions sont rendus possibles par son anéantissement.

A la suite de Jésus, nous sommes invités à vivre la désolation spirituelle, la soif d’amour :
"Il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté" 2 Co 8,9.

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"A mesure que je gagne quelque trésor spirituel, sentant qu’au même instant des âmes sont
en danger de se perdre, je leur donne tout ce que je possède."

"Rien ne me tient aux mains. Tout ce que j’ai, tout ce que je gagne, c’est pour l’Eglise et les âmes.
Que je vive jusqu’à quatre-vingts ans, je serai toujours aussi pauvre."

« Mon Royaume n’est pas de ce monde » Jn 18,36

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Jésus ne s’est pas dérobé devant la souffrance, les humiliations. "Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs".

« Toute sa vie, il n’a fait que descendre, descendre en s’incarnant, descendre en se faisant petit enfant, descendre en obéissant, descendre en se faisant pauvre, délaissé, exilé, persécuté, supplicié, en se mettant toujours à la dernière place. » Charles de Foucauld

« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » : le « maintenant » du Royaume est celui de la croix et de la fraternité avec tous les hommes, à travers une relation de dépendance.

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