"J’ai eu faim...j’ai eu soif" : la rencontre de deux pauvretés

Celui qui a faim, qui a soif, qui est nu, qui demande l’hospitalité, c’est le Christ. Ce sont aussi les apôtres envoyés en mission, sans provisions ni tunique de rechange.

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A l’exemple du film Intouchables, Jésus nous invite à une amitié entre pauvres, une réciprocité dans nos rencontres. Nous sommes tous handicapés.

Christian de Chergé : "le miracle va naître de la rencontre de deux pauvretés. A la Pentecôte, tout le monde semble témoigner, chacun selon sa grâce propre..."

"Au début, on veut être bon, on veut faire du bien aux pauvres, et petit à petit, cela peut prendre des années, on découvre que ce sont eux qui nous font du bien, parce qu’en se tenant près de leur pauvreté, de leur faiblesse, de leur angoisse, on met à nu notre pauvreté, notre faiblesse, notre angoisse à nous, qui sont les mêmes, elles sont les mêmes pour tous, vous savez, et alors on commence à devenir plus humain."
Emmanuel Carrère, Le Royaume

Jésus ne valorise pas le bien accompli au nom de la religion, l’action charitable "organisée",
celle que nous faisons pour gagner notre ciel ou briller dans notre milieu.

Ni esprit vantard, ni mainmise sur l’autre, la charité est faite "au Nom de Jésus",
en Union avec Lui, dans un esprit désintéressé : "Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite."

La surprise des brebis représente le naturel avec lequel chacun a agi, l’absence de retour sur soi.

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"Ces petits qui sont mes frères" : aimer avec l’amour du "grand frère"

N’ayons pas peur d’ouvrir notre cœur à son Amour, spécialement là où nous sommes faibles.

« Quand est-ce que nous t’avons vu ? » C’est Lui qui nous regarde le premier,
qui souhaite par son amour faire "fondre" nos sécurités - bonne conscience et bonnes actions.
Pensons au regard de Jésus sur le jeune homme riche, Matthieu, Zachée...

Nous pouvons servir les pauvres avec les lèvres, avec un cœur superficiel.
Mais dans cette parabole, Jésus nous invite à servir avec le cœur profond, en laissant la Lumière
de son amour agir en nous.

Dans une histoire juive qui a traversé les siècles, un rabbin demande à ses étudiants :
« Comment sait-on que la nuit est achevée et que le jour se lève ? »
- "C’est quand on ne peut distinguer un palmier d’un dattier ?" « Non » dit le rabbin.
- "C’est quand on ne peut distinguer un chien d’un mouton ?" « Non » dit le rabbin
- « L’heure du Shabbat, c’est quand tu vois une femme et que tu reconnais ta sœur, quand tu vois un homme et que tu reconnais un frère. Avant, il fait encore nuit dans ton cœur."

Le miracle va naître de la rencontre de deux pauvretés... Le miracle c’est l’union des coeurs
dans une fragilité commune, une lumière commune.

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Le « jugement » apparaît comme une mise en lumière des moments
où nous avons laissé l’Amour agir en nous.

"Celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin qu’il soit manifesté que ses oeuvres
sont faites en union avec Dieu" Jn 3,21.

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Ne soyons pas comme le fils aîné, comme le serviteur qui a reçu un talent : ils respectent les commandements et font de bonnes actions mais ils n’agissent pas en union avec Dieu, à partir de son Amour. Ils n’accueillent pas sa Lumière dans leurs blessures.

Ceux qui « font le mal » Mt 7,23 n’agissent pas « au nom de Jésus », en union avec lui. Ceux qui commettent l’injustice ne sont pas unis à la justice du Royaume, à sa vigne.

"Ton Père voit ce que tu fais dans le secret" : il voit si le Fils vit en toi, aime en toi ;
si ton coeur est dans la Lumière.

Son Amour nous fera perdre le pied qui donne de l’assurance comme Jacob, la main qui sert à faire la comptabilité de nos bonnes actions Mc 9,41.

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