"Il répondit : "Oui, Seigneur !" et il n’y alla pas"

"Mon enfant, va aujourd’hui travailler à ma vigne" : dans cette injonction le mot aujourd’hui mérite d’être souligné. Dieu nous appelle à vivre de sa vie - vigne aujourd’hui, à nous laisser aimer tels que nous sommes.

Le second fils est comme le fils aîné (parabole du père prodigue) ; il respecte les commandements mais ne goûte pas l’amour de son père, n’a pas d’intimité avec lui. Quand ce dernier lui dit "mon enfant, va aujourd’hui travailler à ma vigne", il répond : "oui, Seigneur". Il est un serviteur, non un ami ; il suit son père du bout des lèvres, non avec le cœur Mt 15,8. Il ne comprend pas que l’amour est gratuit.

Le fils qui s’est détourné de son père n’a aucun mérite à faire valoir alors il attend tout de Dieu. Avec un cœur ouvert et confiant il se laisse aimer dans sa fragilité,
et se repent sans peur ni honte. Dans cet amour il peut agir comme un fils, en se laissant conduire par l’Esprit. C’est par ta grâce que je peux m’approcher de toi.

"S’étant repenti, il y alla"

Jésus n’encourage pas le péché. Mais il souligne les limites d’une vie spirituelle qui se confondrait
avec une droiture morale. Le fils aîné a le coeur dur, fermé à l’amour. Par peur ou par orgueil,
il ne laisse pas la grâce prendre l’initiative dans sa vie. Comme Charles Péguy disait
des bons paroissiens de son temps : « Les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce. »

"Celui qui n’accueille pas le Royaume à la manière d’un enfant n’y entrera pas".

Inversement, les prostituées et les publicains ont cru à l’annonce de Jean le Baptiste ;
ils ont accueilli le don de la proximité du Royaume, ont tout misé sur cet Amour.

Travailler à la vigne... c’est se laisser travailler, s’abandonner à l’Amour.

La pièce d’argent Mt 20,16 représente le Vin nouveau, le Vêtement de noces, la Vie de Jésus
qui est DON du Père. Le fils est un serment uni au Cep de l’Amour.

Cette parabole nous rappelle que tous les hommes sont invités à travailler à la vigne,
à se laisser aimer par Dieu.

Le pape François n’a de cesse de le répéter : « le salut n’est pas mérité, mais donné » 24/9/17

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« Dieu aime en premier. Dieu ne nous aime pas parce qu’il y a en nous une quelconque raison qui puisse susciter l’amour. Son amour est inconditionnel » 24/6/17

De Simone Weil : "Dans les paraboles de l’évangile, c’est Dieu qui cherche l’homme (..) Nulle part il n’est question d’une recherche entreprise par l’homme. L’homme ne fait pas un pas à moins d’être poussé ou bien expressément appelé ». Attente de Dieu, p149-150

Cet Amour donne la vie. Le fils qui s’était coupé de l’Amour de son Père est revenu à la vie Lc 15,24. Il est greffé sur la Vigne de l’Amour et porte un fruit qui demeure : la charité. Inversement, le fils vertueux et autosuffisant agit sous l’emprise de la chair Rm 8,10. Son âme est fermée à l’amour, à la vie. Comme Lazare il est mort spirituellement. Il honore Dieu avec les lèvres, de manière superficielle - non avec le coeur.

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