Etty Hillesum, le "coeur pensant de la baraque"

Dans ce monde saccagé, les chemins les plus courts d’un être à un autre sont des chemins intérieurs. (11 juillet 1942, p.676)

Même si on ne nous laisse qu’une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d’elle il y aura toujours le ciel tout entier.

JPG - 107.7 ko

« De fait, ma vie n’est qu’une perpétuelle écoute « au-dedans » de moi-même, des autres, de Dieu. Et quand je dis que j’écoute « au-dedans », en réalité c’est plutôt Dieu en moi qui est à l’écoute. Ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute l’essence et la profondeur de l’autre. Dieu écoute Dieu. » [17 septembre 1942]

"Je dois m’accepter moi-même, accepter d’être tantôt comme ceci et tantôt comme cela. Accepter l’existence en moi de tous les sentiments, la possibilité en moi de toutes les humeurs".

"Il me faut vraiment devenir un peu plus simple. Me laisser vivre un peu plus. Cesser de vouloir que ma vie porte ses fruits dès maintenant. "

C’est comme si quelque chose en moi s’était concentré en une prière continuelle, cela ne cesse de prier en moi, même quand je ris ou fais des plaisanteries. (14 juillet 1942, p.682)

« Il faut oublier des mots comme Dieu, la Mort, la Souffrance, l’Eternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d’être » [9 juillet 1942].

"Un moment vient où l’on ne peut plus agir, il faut se contenter d’être et d’accepter."

"De l’autre côté de cette tente, le soleil nous offre soir après soir, le spectacle d’un coucher inédit. Ce camp perdu dans la lande de la Drenthe abrite des paysages variés. Je crois que la beauté du monde est partout, même là où les manuels de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accidents. »

"Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité. (...)
La représentation de la souffrance - qui n’est pas la souffrance, car celle-ci est féconde et peut vous rendre la vie précieuse -, il faut la briser. Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles, on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces, et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle, dans sa propre vie et dans celle de l’humanité."

"Derrière la maison, la pluie et la tempête des derniers jours ont ravagé le jasmin . (…) Mais quelque part en moi ce jasmin continue de fleurir, aussi exubérant, aussi tendre que par le passé. Et il répand ses effluves autour de ta demeure, mon Dieu. Tu vois comme je prends soin de toi. Je ne t’offre pas seulement mes larmes et mes tristes pressentiments, en ce dimanche matin venteux et grisâtre,
je t’apporte même un jasmin odorant."

« Aimer ses parents au plus profond de soi, leur pardonner toutes les difficultés
qu’ils vous ont fait endurer du simple fait de leur existence. »

JPG - 107.7 ko

"Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même, me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie, et ses bras qui m’enlacent sont si doux et protecteurs – et le battement de son cœur, je ne saurais même pas le décrire : si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle, assez fort pour ne jamais cesser."

"Il faut apprendre à vivre avec soi-même comme avec une foule de gens. On découvre alors en soi tous les bons et les mauvais côtés de l’humanité. Il faut d’abord apprendre à se pardonner ses défauts si l’on veut pardonner aux autres (...) La condition première en est de pouvoir accepter, et accepter généreusement, le fait même de commettre des fautes et des erreurs."

"Qu’un simple coeur humain puisse éprouver tant de choses, tant souffrir et tant aimer ! Je te suis si reconnaissante, mon Dieu, d’avoir choisi mon coeur, en cette époque, pour lui faire subir tout ce qu’il a subi."

« Notre fin, notre fin probablement lamentable, qui se dessine déjà d’ores et déjà dans les petites choses de la vie courante, je l’ai regardée en face et lui ai fait une place dans mon sentiment de la vie, sans qu’il s’en trouve diminué pour autant. »

« L’idée s’impose de plus en plus clairement à moi que l’amour du prochain, de tout être humain rencontré, de toute “image de Dieu”, devrait s’élever bien au-dessus de l’amour des parents par le sang. »

« Aussi, désormais, j’essaie de vivre au-delà (jenseits) des tampons verts, rouges, bleus et des “listes de convoi”, et je vais de temps à autre rendre visite aux mouettes, dont les évolutions dans les grands ciels nuageux suggèrent l’existence de lois, de lois éternelles d’un ordre différent de celles que nous produisons, nous autres hommes. Jopie – qui se sent malade comme un chien et “vidé” (erledigt) en ce moment – et sa petite “sœur d’armes”, Etty, sont restés cet après-midi
un bon quart d’heure à contempler un de ces oiseaux noir et argent, à suivre son vol parmi les puissants
nuages bleu sombre gorgés de pluie, et soudain nous avons eu le cœur moins lourd. »

"J’ai rompu mon corps comme le pain et l’ai partagé entre les hommes".

Recueil de citations :

http://famille.delaye.pagesperso-orange.fr/Users/marielledelaye/Documents/Site/Sagesse/citationsEtty.html

_ http://www.philosophie-poeme.com/meditations-d-etty-hillesum-c27515168

https://citations.ouest-france.fr/citations-etty-hillesum-13363.html