Avec le bon samaritain, laisser l’Amour agir en nous

Dans la parabole du bon samaritain, Jésus nous révèle que l’amour est affaire d’abandon, de confiance.

Aimer Dieu de tout son cœur, ce n’est pas aimer avec plus de "moi", de force. C’est d’abord nous laisser aimer.

Le samaritain connaît sa fragilité mais il n’a pas peur. Comme Marie donnée en exemple juste après, sa prière se fait écoute, abandon sous le Soleil de l’Amour du Père. Cet Amour est comme un baume - une onction répandue sur son humanité souffrante.

S’aimant lui-même, il peut s’approcher sans peur de l’homme blessé,

lui porter secours sans s’imposer, mais en laissant l’Amour agir en lui.

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« Ecoute Israël » Mc 12, 29... l’écoute véritable est capacité d’accueil, abandon de soi,
afin que l’onction de l’huile et du vin puisse couler dans nos coeurs (Osée).

Le prêtre et le légiste n’ont pas cette perméabilité à l’amour. Ils observent des règles strictes de pureté afin d’être irréprochables devant Dieu. Ils ont peur des blessures des autres comme ils ont peur de leur humanité. Leur action est vaine car ils agissent en dehors du cep de l’Amour.

Si nous nous laissons aimer, nous pourrons aimer notre prochain comme Dieu nous aime, totalement et inconditionnellement.

Le scribe comprend que l’Amour est central dans la Loi mais il est mû par sa volonté. Pour être "plus proche" du Royaume, il doit renoncer à s’accaparer ce fruit désirable (tout, tout de suite). Renoncer à son plan d’action, son idéal de sainteté et laisser l’Amour agir en lui.

Offrir des holocaustes n’est plus nécessaire car c’est l’âme qui se laisse transformer par l’Amour :

"Aimer c’est tout donner et se donner (=livrer) soi-même".

« Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et ceux qui voient deviennent aveugles. » Jn 9, 40

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Dans l’homme qui perd son sang, le prêtre voit un homme impur. Jésus nous demande de couper notre œil Mc 5,29, celui qui juge, qui codifie le réel. De couper notre main, celle qui accumule les bons points pour obtenir la vie éternelle. Quand bien bien nous aurions perdu une main, un pied comme Jacob, il nous resterait un coeur perméable à l’amour, un Coeur Nouveau ; un coeur qui "voit" son prochain, le "connaît" de manière intime.

Pensons à la manière dont Jésus regarde Zachée, Nathanaël, Mathieu, le jeune homme riche, la femme adultère... Jésus guérit l’aveugle Jn 9,40 mais avant tout il sème l’amour dans son cœur. Peut-être aussi dans le cœur des pharisiens qui cherchent la polémique. Ainsi la blessure du péché originel est réparée : la porte du Royaume peut s’ouvrir ; les "yeux du coeur" s’illuminer.

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