Avec le Bon samaritain, s’abandonner à l’amour

"Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?" demande le docteur de la Loi en ouverture de la parabole. Pour Jésus l’amour est de l’ordre du laisser faire, de l’abandon, de la dépossession.

Pour st Isaac le Syrien (VIIè s.), "la miséricorde est une flamme qui embrase le cœur".

Se laisser embraser...aimer... L’amour ne vient pas de nous...

Le samaritain connaît son impureté mais il n’a pas peur. Comme Marie donnée en exemple juste après, sa prière se fait écoute, abandon sous le Soleil de l’Amour du Père. Ce baume peut se répandre sur les blessures de son cœur.

Le prêtre et le légiste n’ont pas cette perméabilité à l’Amour. Ils observent des règles strictes de pureté afin d’être irréprochables devant Dieu. Leur vie est régie par le contrôle, le règlement, la peur. Ils ont peur de l’homme blessé comme ils ont peur de leur fragilité.

Aimer Dieu de tout son coeur, ce n’est pas aimer avec plus de "moi", de force. Mais c’est laisser la Flamme de son Amour s’emparer de moi.

Avec un coeur pur, illuminé de l’intérieur, je connaîtrai mon prochain non comme les sages
et les savants, mais comme les tout-petits qui laissent l’amour vivre en eux.
Les trois acteurs du récit voient l’homme blessé, mais seul le samaritain possède la "vision" du coeur.

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Le scribe comprend que l’Amour est central dans la Loi mais il est mû par sa volonté.
Pour être "plus proche" du Royaume, il doit renoncer à accaparer ce fruit (tout, tout de suite),
renoncer à son objectif de sainteté. Et s’abandonner à l’Amour, spécialement dans sa fragilité.
Offrir des holocaustes n’est plus nécessaire car c’est l’âme qui se laisse transformer par l’Amour,
qui vit l’expérience de la "diminution".

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"Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu" Mc 12,34

Le Royaume implique une kénose, un anéantissement, une pauvreté de coeur pour que "Dieu soit tout en tous" 1 Co 15,28. La Flamme d’amour fait son oeuvre en nous de manière douloureuse.

Le Royaume implique de quitter l’univers des commandements, de la Loi, pour entrer dans la vie et vivre cette kénose dans nos rencontres, à l’exemple de Jésus qui s’est fait pauvre avec la samaritaine.

De même, la prière vient du coeur. Dans la première lecture tirée du Deutéronome,
il y a cette injonction : "Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton coeur et de toute ton âme".
Non pas prier avec plus de mots, de "moi", mais laisser l’Amour "parler" à notre coeur (Osée).

« Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et ceux qui voient deviennent aveugles. » Jn 9, 40

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Dans la Genèse, l’ouverture des yeux est la marque du péché. Adam et Eve n’ont pas accompli le chemin vers leur intériorité. Ils voient avec leurs yeux extérieurs, sans la lumière des coeurs purs.

Loin de tout intellectualisme, Jésus utilise le langage parabolique car le coeur de ses auditeurs s’est épaissi, sclérosé, durci. Ils ne perçoivent pas la présence de Dieu dans leur coeur, sont fermés au souffle de la Vie.

Pour retrouver notre coeur de chair, notre coeur profond, nous pouvons nous mettre à l’école des enfants, comme nous y invite Anne-Dauphine Julliand. Face à la maladie, les enfants ont cette capacité à ne pas se durcir, ils passent facilement de la joie aux larmes.

"Votre récit nous fait regarder notre vie différemment avec de nouveaux yeux... Je prends conscience de tous les petits bonheurs de la vie avec mon mari et mes deux filles... On rit, on pleure et on en ressort vraiment différent. Ce livre se dévore et donne envie de dévorer la vie" (livre d’or du site www.deuxpetitspas.com)

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